Pourquoi impliquer ses enfants dans les tâches ménagères ?

Lors d’une récente discussion avec une amie se plaignant d’être “éreintée” à quelques jours seulement de son retour de vacances, j’ai été étonnée d’apprendre qu’elle ne demandait jamais à ses enfants (6 et 9 ans) de participer aux tâches ménagères (même ranger leur chambre !). Elle disait avoir toujours quelque chose à faire et ne jamais pouvoir se reposer (en blâmant au passage ses enfants et son mari).

Cette fatigue, je pouvais* également la ressentir de temps en temps, mais dans une moindre mesure. En effet, de mon côté, mon fils de 9 ans m’aidait un peu, en se faisant prier la plupart du temps. Ma femme de ménage venait 1 fois par semaine pendant 4h, mon mari s’occupait de la préparation des repas et des courses, et surtout, je ne travaillais pas. Ma fille de 5 ans, quant elle, ne faisait pas grand chose, car je préférais faire à sa place pour être sûre du résultat. A quoi bon impliquer ses enfants dans les tâches ménagères quand on a le temps ?

* Je parle au passé car la situation à changé depuis. Je vous explique comment dans un prochain article

L’enfance et l’adolescence: un moment clé de construction

Au même moment, je tombais sur l’intervention TEDx de Julie Lythcott-Haims, ancienne doyenne de l’Université de Stanford, mère de deux enfants et auteure du best seller “Comment éduquer un adulte”.  Pour elle, qui dénonce la propension des parents américains à vouloir régenter la vie de leur progéniture en vue de leur assurer le meilleur parcours scolaire et professionnel, l’enfance et de l’adolescence sont des périodes très sensibles : c’est à ce moment que doivent se construire les fondations d’une vie d’adulte accompli, basées notamment sur le jeu libre, l’amour inconditionnel et… les tâches ménagères. Je vous la mets ci-dessous au cas où vous ne l’auriez pas vue… c’est une pépite, ne passez pas à côté ; ).

Je me rappelais alors avoir lu que les grands entrepreneurs du 21e siecle (Bill Gates, Steve Jobs, Jeff Bezos, Elon Musk, etc…) étaient quasiment tous passés sur les bancs d’écoles Montessori : les exercices de “vie pratique” y sont mis au même niveau d’importance que les apprentissages plus académiques…

Les tâches ménagères, facteur de réussite personnelle et professionnelle ?

Dès lors, j’ai commencé à investigué sur les raisons d’impliquer ses enfants dans les tâches ménagères aussi jeunes… Les bénéfices à court terme peuvent sembler assez évidents, mais les effets à long terme ne sont pas si souvent évoqués.

Les enfants sollicités pour aider à la maison sont-ils promis à plus de succès que les autres ?  Dans quelle mesure faire participer ses enfants aux tâches domestiques leur permet-elle de développer des compétences essentielles à leur avenir ?

Impliquer ses enfants dans les tâches ménagères
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Voici les principaux éléments de réponse que j’ai pu tirer de mes recherches :

Une vraie corrélation entre tâches ménagères et compétences de vie

Plus que leur mode d’éducation ou leur QI, la participation des enfants à des tâches domestiques à l’âge de 3/4 ans serait le critère le plus pertinent pour déterminer leur réussite plus tard. Celle-ci étant définie par de meilleures relations avec leurs proches, de meilleurs résultats scolaires et l’indépendance économique. Les bienfaits de la participation domestique précoce seraient nombreux pour l’enfant : développement de l’empathie, apprentissage de ses erreurs, confiance en ses capacités(source : Le Monde, 2015)

La participation excessive des parents occidentaux, qui tendent à offrir leur aide sans qu’on leur demande, serait néfaste pour leurs enfants. A trop vouloir les épargner dans cette période d’innocence qu’est l’enfance, ils ne se rendent pas compte quils encouragent… la dépendance. Ce qui va bien à l’encontre des idéaux culturels d’indépendance promus par nos sociétés modernes… Et en parent avisé, vous préféreriez que votre “adulte en devenir” ait pris son envol avant ses 35 ans !

Impliquer ses enfants dans les tâches ménagères
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Impliquer ses enfants dans les tâches ménagères : un investissement sur l’avenir

Quand les enfants sont petits, faire les choses à leur place nous parait souvent plus rapide, plus simple et plus efficace. Mais si on s’adapte à leurs capacités, les enfants apprennent très vite à faire les choses par eux-mêmes. Ils adoptent rapidement les bonnes habitudes, et contribuer à la vie de la maison devient alors un réflexe évident… et durable. Les parents pressés perdent de vue que cet investissement est un gain de temps pour l’avenir !

Les petites tâches ménagères peuvent avoir sur un enfant un grand impact sur l’adulte qu’il sera demain. En effet, elles développent son sens de la responsabilité, l’encouragent à respecter un espace commun, le sensibilisent au travail en équipe et à la coopération et contribuent à bâtir sa confiance en lui. Ainsi, “faire” au lieu de regarder “faire”aurait une forte influence sur sa réussite future sur le plan personnel et professionnel (source : The Harvard Study of Adult Development, 2015) .

Se déconditionner pour aider les générations futures

La façon dont les pères traitent les tâches domestiques joue un rôle clef dans les aspirations de leurs filles notamment. Dans les familles où les corvées sont partagées équitablement entre les parents, les filles grandissent avec des objectifs de carrière plus larges ; elles se tourneront plus facilement vers des carrières dont elles sont traditionnellement exclues. Si les hommes maintiennent une position patriarcale dans laquelle ils se dispensent de certaines (ou de toutes) tâches domestiques, leurs filles auront tendance, plus tard, à s’enfermer dans des rôles et emplois traditionnellement féminins (source : Psychological Science, 2014).

On parle beaucoup du concept de “charge mentale” des mères de famille, qui décrit “le travail de gestion, d’organisation, de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectif la satisfaction de chacun et la bonne marche de la résidence” (cit : Emma Clit). Mais il se focalise beaucoup sur l’attentisme et le manque d’implication des pères, et n’évoque jamais celui des enfants/ adolescents ! Ceux-ci peuvent pourtant soulager leur mère, même plus modestement s’ils sont petits.

Les jeunes de 11 à 25 ans qui vivent chez leurs parents en font de moins en moins (8 h par semaine, soit 3 fois moins que leurs parents – source Insee, 2010). Il est donc urgent de revoir notre façon de faire pour ne plus conditionner nos enfants comme nous l’avons été. Impliquer ses enfants dans les tâches ménagères les rendra plus autonomes, plus débrouillards, plus indépendants à court terme… et plus respectueux de l’égalité homme-femme à long terme ! 

Je vous explique dans un prochain article comment j’ai réussi à remettre mes enfants dans le droit chemin…Et chez vous, comment cela se passe-t-il ? N’hésitez pas à me le dire dans les commentaires.

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